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On t’a vue pour la dernière fois hier. La dernière fois avant de te voir pour de vrai. Je regardais ta petite, si petite main près de ton visage à travers l ecran en pensant au moment où je pourrai te toucher. Où ta main serrera nos doigts. La ligne d’arrivée devient visible, bientôt nous serons trois, bientôt nos mondes tourneront autour de toi. Il faudra créer tes sourires, tes envies, annihiler tes peurs, t’offrir des aurores qui se voudront éternelles. Plus rien ne sera pareil. Tu seras une pure merveille de vérité et d’insouciance. Et tu en remplieras nos vies si compliquées d’adultes. Bientôt. Ce mot résonne a mes oreilles. Mes mains se languissent de te toucher, mes yeux de te regarder des heures et des heures. Tout mon être tremble d’impatience. Et tandis que tu fais tes pirouettes dans mon ventre, que tu réagis à ma voix et à mes caresses, je me demande comment il est possible d’aimer tant un être qu’on ne connaît même pas.

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Mensonges & dérives.

Quand je relis tous ces mots d’autrefois, tout ces tissus diffus de mensonges, toutes les dérives et les séparations qu’ils ont entraînés… Je me demande comment j’ai pu embarquer sur ces barques instables, comment j’ai pu goûter aux mots tranchants comme des lames. Le mensonge ne fait que des dégâts. Sur soi, et sur les autres. Il nous pourrit de l’intérieur. Il noircit les âmes les plus justes, les plus pures. Comment ai je pu m’enfermer dans des mensonges pendant si longtemps ? Me gaver de faux semblants, et pour quoi faire ? Pour attirer qui ? Quoi ? Pour me faire aimer ? Est ce que j’avais besoin de ça ? Non, certainement pas, personne n’en a besoin. La vie peut être si simple et si lumineuse, l’entacher par de foireux mensonges ne simplifie rien du tout. C’est un cercle vicieux dont on peine à sortir, qui ronge tout jusqu’à l’os. Quand je relis tous ces mots, j’ai le coeur qui se serre de m’être perdu dans ces dédales. Et j’ai le coeur qui jubile d’en être sortie définitivement, et de ne plus me laisser enliser par ceux qui n’ont pas eu la chance d’en sortir.

Parce qu’avec toi, je n’ai jamais eu besoin de mentir. T’as sauvé ma peau.

Rien ne fini l’infini.

C’était toi, là, sur le pas de ma porte. En chair et en os. Et derrière toi, un soleil magnifique qui était sûrement sorti juste pour toi. Sans aucun doute. C’était toi, là, et j’avais beau être ensommeillée, c’était bien réel. C’était bien tes longues jambes et tes cheveux bouclés. Ta voix inimitable. Ton sourire à faire trembler les murs. Tes yeux à la fois pleins d’étincelles et de crainte. Bordel. C’était vraiment toi. Et tu ne dénotais pas dans cette rue où tu n’avais jamais mis les pieds. Mon coeur a sûrement fait des saltos. Je n’en sais rien, je ne voyais que toi. Ton être contre le mien lorsque je me suis jetée contre toi. En chair et en os. Te sentir en réel. C’était toujours ton odeur. Assaillie par ton parfum. Comme si tu n’étais jamais partie, comme si le virtuel qui nous tenait depuis trois ans s’était liquéfié en une fraction de seconde.
Pendant cinq heures qui sont passées comme une poignée de minutes, tu étais dans mon quotidien. Et j’ai tout aimé. Toi, ta voix, nos mots, nos silences, nos contacts. Ta main dans la mienne. Elle s’y adapte toujours aussi bien.

Se sentir de nouveau entière.

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Parce que tous les nuages du monde n’empêchent pas les pleines Lunes, et qu’à chaque fois qu’elle brille se sont nos débuts qui se rallument

Y a toujours de toi partout, tu sais. Dans tous les mots, les miens et ceux des autres. Dans les chansons, dans les poèmes (comme ici), dans les bouts de vie que je croise un peu partout dès que je me décide à ouvrir les yeux. Tu es partout, mais tu n’es plus nulle part. A part dans les mots qu’on échange écrasées de distance. Il me semble que je n’ai pas vu ton visage depuis des Lunes. Ton vrai visage, pas celui des vidéos et des photos. Ton vrai regard. Celui qui pétille de vie, d’émerveillement, de légèreté. Ton rire tonitruant, celui qui fait céder mes murs. Tes mains si longues et si fines. Dis, quand me reviendras tu ? Tu manques à tout. Ma mémoire, mes yeux, mes oreilles se languissent. Mes mots se rappellent de leur beauté quand ils écrivaient pour toi. Et de la beauté des tiens, de ton écriture serrée. Je veux redécouvrir des merveilles. Je veux sentir ton parfum. Il y a quelque chose de fourbe et de beau, avec la distance. On se perd en attente, on imagine mille et une choses, on se confond en souvenirs. On pleure l’absence. Et on vit le retour de façon si spectaculaire. Chaque seconde comme un bien inestimable. Comme un instant qu’il ne faut pas gâcher. Des retrouvailles étincelantes. L’aurore qui renaît au creux du crépuscule.

Mais dis… A quand tes yeux en face des miens ?

Comme le battement d’ailes d’un papillon

Est-ce toi que je sens, quand j’ai l’impression étrange de bulles qui éclatent ? Sens-tu comme je t’aime déjà ? J’imagine tes cheveux qui ont de grandes chances d’être foncés, et tes yeux marrons. J’imagine tout l’amour que tu vas recevoir. Personne n’est parfait, on ne dérogera pas à la règle. Mais tout l’amour qu’on pourra t’offrir, on te l’offrira. On te le montrera, sans artifice et sans glace. Je te promets que tu n’auras jamais de regard cinglant. Que mes bras ne resteront pas raides et froids si tu veux m’enlacer. Je te promets de toujours faire de mon mieux, d’écouter, et d’essayer de comprendre. De ne pas te descendre, mais de tout faire pour t’élever. Pour t’apporter la confiance dont tu auras besoin. J’essaierai de te montrer toutes les possibilités que le monde peut t’offrir, même les chemins dont on ne parle pas, et je te laisserai choisir ta route sans aucune critique. Je tenterai de t’embarquer dans toutes les beautés du monde, que tes yeux soient toujours vifs et ouverts, qu’ils connaissent l’émerveillement et la simplicité de la découverte, des autres cultures, des champs du possible. Je te montrerai ce qu’on garde invisible. Je ferai de mon mieux pour que la pluie ne batte pas tes cils, mais il faudra quand même que tu vois et comprennes les faces sombres de ce monde aussi triste que beau. Que tu comprennes l’horreur et la misère, que tu saches que tout n’est pas facile, tout n’est pas donné, mais qu’avec de la passion et de la bonne volonté, on peut toujours s’en sortir. Et qu’on peut aussi sortir des sentiers battus. Tu verras, ce sont souvent les plus beaux. J’essaierai de te montrer qu’il y a plus de lumière dans l’amour que dans la haine, que la tolérance est un bijou qui s’oublie trop facilement et que la liberté n’est pas si inaccessible que ce qu’ils disent. Mais on a le temps pour tout ça, tu verras.

Est-ce toi que je sens, comme le battement d’ailes d’un papillon ?

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Petite.

Qu’est ce que tu deviens ? Où es tu ? Est ce que tu es toujours au fond de moi, quelque part ? A quoi tu rêves ? Qu’est ce que tu veux ? Tes ciels ne sont plus si noirs, tes mains tremblent moins. Tu as fini d’attendre, presque, oui, tu as presque fini de l’attendre. Le passé se détache petit à petit, même si tu as toujours peur de l’abandon, des gens, des amours fausses et des yeux vides. Mais chaque jour tu avances un peu plus sur un sentier qui te plait, non ? Non, pas encore, le sentier n’est pas sous tes pieds. Mais dans ta tête, oui. Tu discernes de mieux en mieux qui tu es devenue, ce que tu veux, ce qui te fais du bien. Petit à petit tu te retrouves, loin des routes malmenées par le désespoir et la haine. Mais tu as encore du chemin à faire, des efforts à fournir, de la vie à vivre pour de vrai. Tu n’as pas encore mis tes pas sur ce sentier que tu visualises si bien en toi. Le jour viendra où tu seras loin de tout ce qui t’enferme et t’ennuie. Ce jour où tu seras libre de vivre dans la simplicité, loin de l’agitation, de l’opulence et le futile. Ce jour viendra. En attendant, petite, tu as bien avancé. Chaque pas t’éloigne un peu plus de la noirceur que tu incarnais. Tu parles de choses si noires, mais t’es tu penchée un peu sur toutes ces choses formidables qui t’ont amenée à être celle que tu es aujourd’hui ? Celle que je suis ?
J’ai eu tellement de gens formidables dans ma vie. De passage ou pas, peu importe. J’ai eu de la joie sous la tristesse. L’amour porte mille visages.
Le visage de cet inconnu bien plus vieux que moi dont je ne me souviens plus le nom, qui venait me voir au travail pour me raconter ses histoires de voyage et de vie. Il m’a appris la tolérance et l’amour de la vie, sans chichi, il m’a montré que les apparences sont trompeuses et qu’il faut cesser de se méfier de tous ceux qui semblent différents.
Le visage de papa, toute mon enfance, qui m’a appris la nature, la joie de l’exploration, la liberté et la confiance. Surement que je ne lui dis pas assez tout ce qu’il m’a apportée, tout cet amour sans borne et ces odes à la nature qui ont fait celle que je suis aujourd’hui.
Le visage de Paul, ce fou furieux de la vie. Avec lui j’ai vu et j’ai appris, j’ai retenu son être comme un passionné qui fait l’amour à la vie pendant chaque seconde de son existence, qui ne se laisse emprisonné par aucune limite, aucune barrière, il y a juste la vie, ses envies et lui.
Le visage de Soh, qui berce ma vie depuis toujours me semble t-il, qui m’a apporté des bonheurs innommables, des moments de vie irréels, des passages extraordinaires, des aurores à mes matins d’hiver.
Il y a aussi Méduse, mais je ne peux qu’imaginer son visage. Tout ce que je sais, c’est qu’elle m’a fait sourire à l’humanité en me montrant qu’on pouvait encore faire confiance dans ce monde de brutes et de profiteurs, elle a donné en échange de quelques proses, à tous ces inconnus sur lesquels elle ne savait rien.
Le visage de Grégory, son coeur si grand qu’il a fallu réchauffer à nouveau, ses mains cotons qui m’ont protégée et guérie petit à petit, sa vie liée à la mienne par une promesse de taille.
Le visage de mon Zahir, si douce et si compréhensive. Son coeur si plein d’amour sain et grandiose, sa capacité à comprendre et à embellir toutes les petites choses de la vie, sa patience hors norme et ses doigts de fées.
Le visage de Daniel, ses yeux bleus perçants, ses mots pour me guider et avaient confiance en moi, ça façon se m’élever plus haut que tout ce que j’aurais pu imaginer, nos conversations philosophiques et existentielles.
Le visage d’Isa, si belle et si douce, qui m’apprend la sérénité, le calme, et la tolérance dans chaque situation, la façon qu’elle a d’aimer ses enfants, si intensément, tout le beauté qui ressort de chacun de ses mots, de ses gestes.
Le liste serait trop longue, mais tant de visages gravés dans ma mémoire, qui m’ont apporté ou m’apporte toujours des nuées de couleurs et de vie, qui m’ont faite grandir, avancer, qui m’ont relevée.

Parce que la vie, c’est si beau quand on s’y ouvre.

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Cimetière aseptisé.

Des murs trop blancs, des chambres à l’identique, des couloirs sans fond. Des regards hagards. Des familles aux yeux tristes. Toujours la même rengaine, toujours ces infirmières qui font leur travail avec automatisme. Toujours cette odeur de médicament et d’injection à la vie à la mort. Et mon corps qui tremble de se souvenir, mes yeux qui s’embuent malgré moi ; ces murs, oh ces murs trop hauts et trop blancs. Avec ces fenêtres teintées qui ne laissent pas assez passer la lumière. Pourtant, ces gens là, c’est de lumière dont ils ont besoin. Il marchait vite devant moi, du pas pressé de celui qui veut voir comment va la personne à qui il tient. Et moi, je traînais le pas, de ce pas qui se souvient de sa dernière visite dans ce pré-cimetière pour les presque vivants, il y a quelques années déjà. Oui, pas mal d’années maintenant, et pourtant, en marchant dans ces longs couloirs aux odeurs de la mort, j’ai l’impression d’y être venue à peine hier. Je me souviens de mon indignation : comment peut-on laisser les gens mourir dans cet endroit triste et sinistre ? Enfermés, aseptisés de l’air et de la lumière. Comment ?! Et cette odeur insupportable. C’est bien la même partout. Dans tous ces fichus hôpitaux. Je me souviens aussi de son corps si petit et si frêle dans ce lit qui semblait tout grand. Et pourtant, c’était un petit lit, non ? Je me souviens surtout de ses yeux vides de tout sens, qui nous regardaient sans le faire, qui n’avait plus rien d’humain, plus rien de plein, plus rien de vivant. Je me souviens de mon désarroi et de ma peur. Je n’ai pas peur de la mort, j’ai peur qu’on ne soit plus ce qu’on était et qu’on meurt en pantin malheureux.
Lui n’est pas pareil. Quand on est rentré dans la chambre, il était là, il était toujours lui. Seulement frêle et fatigué, mais toujours lui, avec son sourire trop grand pour son visage et ses yeux pétillants. Il nous a fait des blagues, pour nous faire comprendre ou bien nous faire croire que tout allait bien se passer, et qu’il n’allait pas mourir dans ce cimetière aseptisé. Et j’ai eu envie d’y croire.

Parce que personne ne devrait mourir dans ce trou inhumain.

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Ton sourire dans ma vie.

Elle est revenue quand je ne m’y attendais plus, chassant les dernières zones d’ombres bien accrochées à mon coeur. Elle est venue y mettre ses éclaircies, avec son sourire -il était pour moi. Elle a débarqué sans rien dire quand le plus beau jour de ma vie se présentait, et si mon passé de petite fille est à jamais enterré avec le manque de sa présence, mon futur de femme marchera à côté d’elle. Elle est revenue quand je n’y croyais plus, et elle a tout accepté sans broncher ; mes colères, mes reproches, mes orages, mon incompréhension. Je la revois ce jour si spécial, tout près moi, les yeux pleins de larmes face au torrent des miens. Elle était là, se défendant coûte que coûte contre mes attaques quand bien même elle avait défié le monde pour me rejoindre malgré 6000 kilomètres de distance. Elle avait l’air si sincère et si désolée, si forte et si fragile à la fois, et moi, je n’étais qu’une petite fille perdue qui voulait être sure de retrouver sa maman pour de vrai. Pour de bon. Pour vivre l’histoire d’amour grandiose entre une mère et sa fille comme je l’avais toujours imaginé. Je me souviens de tous ces mots, mais ce dont je me souviens le plus, c’est de son étreinte. Elle m’a serrée dans ses bras sans aucune distance, sans aucune raideur, elle était la, juste contre moi, ses bras qui m’entouraient robustement, et elle essuyait tous mes chagrins. J’imagine que c’est là que j’ai su qu’elle me revenait pour de bon. Elle qui ne répondait jamais à mes étreintes, celle ci était une porte ouverte sur un futur plein de changement. Et je suis fière d’être sa fille quand je vois toutes les épreuves qu’elle a traversé. Le sourire qu’elle a gardé. Le bien qu’elle a fait. Et qu’importe les erreurs si on embelli l’avenir ensemble. Et même si les traces du passé ne s’effacent pas encore entièrement, même s’il reste des zones d’ombres ou de rancoeur, ce qui me tient le plus à coeur aujourd’hui, c’est d’avancer ensemble, et de remplir toutes ces cases qu’on a laissé vacantes.

Parce que tu sais, je n’ai toujours voulu que toi.

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C’était un regard si clair et si proche du mien, c’était une main sur mon épaule et des mots pour m’apprendre.

Je repense à ses yeux bien trop clairs, son bleu azur et perçant, qui se fixaient sur moi avec confiance et tendresse. Tout ce qu’il m’a appris, la façon dont il m’a élevée, mois après mois, en me poussant à être moi et à me faire confiance. L’amour qu’il m’a donné quand on riait de choses que nous seuls pouvions comprendre, quand ses confessions et la fragilité sous la force se faisaient apercevoir, quand il m’a serrée dans ses bras la dernière fois que l’on s’est vu. Et qu’il m’a dit que j’étais la fille qu’il n’avait jamais eu.
Je repense à la chance que j’ai eu de le connaître, mais surtout de lui plaire assez pour rentrer dans sa sphère si difficile d’accès. J’ai la nostalgie de nos discussions interminables, de son rire tonitruant, de ses conseils avisés et de sa vision du monde. Je me retrouvais en lui, comme dans un vague souvenir d’enfance dont il aurait dépassé les limites, il a connu mes doutes il y a bien longtemps, et il a tout surpassé. Je repense à sa force, sa sagesse et ses solutions à chaque malaise, ses pertes, ses batailles et toutes ses victoires.

Je repense à ses mots qui manquent aux miens.

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